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SUMMARY:Conceptualisation et encodage de la causativité chez des enfants monolingues français et bulgares âgés de 3 à 6 ans
DESCRIPTION:Séminaire de Yanka Bezinska (CRISCO)\n\n\n\n\nLa causativité constitue une catégorie fondamentale de la conceptualisation humaine (Shibatani\, 2002) et une propriété universelle des langues (Agbo\, 2014). Elle renvoie à des situations complexes dans lesquelles un agent provoque une action ou un changement d’état chez un autre participant (ex. : Le clown fait rire les enfants. ; Jean casse le jouet.). Les langues disposent de moyens variés pour encoder cette notion\, notamment des unités lexicales (ex. : melt\, break\, kill)\, des procédés morphologiques (ex. : öl – mourir → öl-dür – tuer en turc) et des constructions périphrastiques (ex. make cry) (Dixon\, 2000). \n\n\n\nLa présente étude adopte une perspective contrastive et développementale\, en comparant l’acquisition de la causativité en français et en bulgare\, deux langues typologiquement distinctes. Le français privilégie majoritairement le prédicat complexe faire + Vinf\, tandis que le bulgare recourt à trois mécanismes productifs : lexical (ex. : hranja – nourrir)\, morphologique (le préfixe ‘raz-’ : razsmivam – faire rire) et périphrastique (la construction karam + da (conj) + V pres – inciter qun à ce que V). \n\n\n\nLa recherche vise à analyser : (i) les stratégies d’encodage de la causativité chez les enfants français et bulgares\, (ii) le rôle de la complexité morphosyntaxique dans l’acquisition des structures causatives\, (iii) la nature des représentations cognitives de la causativité entre 3 et 6 ans et (iv) l’effet de l’usage adulte des formes causatives sur les stratégies de production chez les enfants. \n\n\n\nL’échantillon se compose de 209 participants : 113 francophones (71 enfants\, 42 adultes) et 96 bulgarophones (56 enfants\, 40 adultes). Les enfants\, répartis en trois tranches d’âge (3–4\, 4–5 et 5–6 ans)\, sont soumis à trois tâches expérimentales\, ciblant des composantes distinctes du traitement linguistique : production\, compréhension et imitation (amorçage syntaxique). Les adultes constituent un groupe contrôle et participent uniquement à la tâche de production. \n\n\n\nLes résultats indiquent\, premièrement\, que l’encodage morphosyntaxique de la causativité demeure complexe ; les enfants privilégient souvent une description autonome de la cause (ex. : La fille fait des grimaces.)\, de la conséquence (ex. : L’enfant rit.) ou des deux à la fois\, sans recours à une structure causative (ex. : La fille fait des grimaces et l’enfant rit.). Deuxièmement\, entre 3 et 6 ans\, les enfants français et bulgares disposent de représentations cognitives suffisamment précises de la causativité\, puisqu’ils parviennent à simuler avec des figurines les scènes causatives qui leur sont proposées. Enfin\, l’usage adulte exerce un effet facilitateur significatif sur les productions enfantines\, en augmentant la disponibilité des constructions causatives dans un contexte de compétition linguistique.
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SUMMARY:Glottal stop insertion and production planning domains in French
DESCRIPTION:Conférence  de Tobias Scheer (Université Côte d’Azur\, CNRS 7320\, scheer@unice.fr)\n\n\n\n\n\n\nThe presentation introduces an experimental study of glottal stops that are generated by h aspiré (H) in French (il [ʔ] hoche la tête). To date the phenomenon is merely mentioned in passing\, and evidence only comes from native speaker intuitions and cursory personal observation. Participants pronounced verbs that either did (hocher) or did not (aimer) begin with an H\, whereby the left context was controlled for: the preceding word could end in a vowel (tu hoches / aimes)\, in a consonant (il hoche / aime) or in a liaison consonant (LC nous hochons / aimons). \n\n\n\nResults confirm the observation made in the literature regarding the high variability of H: lexical (elision is much more frequent in j’harcèle than in j’hais)\, inter-speaker (some participants chose unelided je for 10 out of 12 H verbs\, while others only for 4 H verbs) and intra-speaker (participants pronounced vous [z] hissez with liaison\, while they chose je hisse in a multiple choice-based pretest). Results also confirmed that H is indeed a glottal stop creator: glottal stops occur much more often before H-initial than before V-initial words. \n\n\n\nThe glottal stop rate also depended on the left context: while LC+H (nous hochons) and C+H (il hoche) are statistically indistinguishable\, both are significantly distinct from V+H (tu hoches). This suggests that glottal stop insertion is sensitive to all types of preceding consonants\, whether they are pronounced (C+H) or not (LC+H). This result is relevant in the debate on French liaison where it was claimed that (some) LCs are epenthetic\, that is absent from phonological computation when unpronounced: this view is challenged by the experimental evidence. \n\n\n\nOn the analytic side\, it will be argued that all glottal stops that occur stand in Strong Position\, i.e. word-initially or after a consonant {#\,C}__ (Ségéral & Scheer 2001). The word-initial position is in fact domain-initial\, and it is a long standing observation in the literature that H sets off its word into a separate domain. Thus even glottal stops in V+H (tu hoches) that appear to occur in intervocalic position may in fact be domain-initial V+[H]. The question then is what kind of domain could be responsible for the (rare) presence of glottal stops in V+V (tu aimes): such a domain V+[V] cannot stem from H\, nor can it be of morpho-syntactic origin. It is argued that these domains are production planning domains in the sense of Wagner (2012 and following). \n\n\n\n \n\n\n\nRésumé en français\n\n\n\nInsertion du coup de glotte et production planning domains en français \n\n\n\nLa présentation introduit une étude expérimentale sur le coup de glotte généré par le h aspiré (H) en français (il [ʔ] hoche la tête). A ce jour\, le phénomène n’est mentionné qu’en passant\, et les attestations proviennent uniquement de l’intuition de locuteurs natifs et d’observations personnelles. Les participants ont prononcé des verbes commençant (hocher) ou non (aimer) par un H\, le contexte gauche étant contrôlé : le mot précédent pouvait se terminer par une voyelle (tu hoches / aimes)\, une consonne (il hoche / aime) ou une consonne de liaison (LC nous hochons / aimons). \n\n\n\nLes résultats confirment l’observation faite dans la littérature concernant la grande variabilité du H : lexicale (l’élision est beaucoup plus fréquente dans j’harcèle que dans j’hais)\, inter-locuteurs (certains participants ont choisi le je non élidé pour 10 des 12 verbes commençant par H\, tandis que d’autres ne l’ont choisi que pour 4 verbes commençant par H) et intra-locuteurs (les participants ont prononcé vous [z] hissez avec liaison\, alors qu’ils avaient choisi je hisse dans un pré-test à choix multiples). Les résultats ont également confirmé que H est effectivement un créateur de coup de glotte : les coups de glotte sont beaucoup plus fréquents avant les mots commençant par H qu’avant ceux commençant par V. \n\n\n\nLe taux d’occlusion glottale dépendait également du contexte gauche : alors que LC+H (nous hochons) et C+H (il hoche) sont statistiquement indiscernables\, les deux sont significativement distincts de V+H (tu hoches). Cela suggère que l’insertion du coup de glotte est sensible à tous les types de consonnes précédentes\, qu’elles soient prononcées (C+H) ou non (LC+H). Ce résultat est pertinent dans le débat sur la liaison française\, où il a été affirmé que (certaines) LC sont épenthétiques\, c’est-à-dire absentes de la computation phonologique lorsqu’elles ne sont pas prononcées : cette perspective est contredite par les résultats expérimentaux. \n\n\n\nDu point de vue analytique\, on fera valoir que tous les coups de glotte réalisés se trouvent en position forte\, c’est-à-dire en début de mot ou après consonne {#\,C}__ (Ségéral & Scheer 2001). La position en début de mot est en fait une position en début de domaine\, et il est observé depuis longtemps dans la littérature que H place son mot dans un domaine indépendant. Ainsi\, même les coups de glotte en V+H (tu hoches) qui semblent se trouver en position intervocalique peuvent en réalité être situés en début de domaine V+[H]. La question est alors de savoir quel type de domaine pourrait être responsable de la présence (rare) du coup de glotte dans V+V (tu aimes) : un tel domaine V+[V] ne peut provenir de H\, ni avoir une origine morphosyntaxique. On peut supposer que ces domaines sont des domaines de planification de la production au sens de Wagner (2012 et suivants). \n\n\n\n\n\nScheer 24 [without page nbs] – Glottal stop insertion and production planning domains in French (pdf · 2 Mo)Télécharger (pdf · 2 Mo)
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