Retour à l'accueil - Logo CRISCO

Centre de recherches inter-langues sur la signification en contexte · CRISCO · EA4255

Accueil > Le DES > Actualités DES


Lettre d'actualités n°7 du DES (Novembre 2019)


Bienvenue sur cette newsletter automnale du DES !

Au sommaire : le DES à la fête de la science, GARGANTEXT et le DES, ...

Accès aux lettres d'informations précédentes.

N'hésitez pas à vous abonner pour profiter des prochaines informations sur le DES (environ 3 à 4 lettres par an).
 
Bien à vous,

Laurette Chardon, Ingénieure en charge du DES
crisco.webmestre@unicaen.fr

 

Le DES est dans chaque souffle du vent  ...




► Le DES présent sur le Village des Sciences à Caen

 

La 28ème édition de la Fête de la Science se tenait du 5 au 13 octobre 2019. En Normandie, le DES était présent sur le Village des Sciences sur le campus 2 de l'Université de Caen. Plus de 1000 personnes ont pu ainsi découvrir les activités de recherche normandes.
De nombreuses personnes sont passées sur le stand du CRISCO où elles ont pu apprécier la popularité du DES (cf flyer) ainsi que son extension à l'anglais, le MultiDES (flyer),  la vidéo de présentation, l'espace sémantique de CURIEUX expliqué pas à pas et (re)découvrir la richesse de la langue française aux travers de devinettes.
A vous de jouer maintenant ! place aux devinettes ...

► CURIEUX sous les projecteurs de GARGANTEXT


Pour ceux qui suivent cette lettre d'actualité depuis quelques temps, ils se rappelleront du tutoriel sur l'espace sémantique de ce mot, sorte de mode d'emploi permettant de décrypter les différents sens qu'on lui attribue dans la lettre d'actualité n° 6.
Il existe, dans le même registre, un autre outil très intéressant que je vous propose de découvrir : GARGANTEXT.

GARGANTEXT est développé par l'Institut des Systèmes Complexes IDF, Paris. C'est une plate-forme en ligne qui permet l'étude de grandes données non structurées pour en saisir l'essentiel de façon dynamique.

Si nous reprenons notre exemple sur CURIEUX, le graphe d'adjacence de cette vedette avec tous ses synonymes nous donnent le graphique suivant :

Réalisé sans aucun calcul, il permet d'avoir une première idée des différents sens de CURIEUX :
- la taille des cercles des sommets est proportionnelle aux nombres de liens partant de ce sommet : le diamètre du cercle représentant curieux est bien sur le plus important puique c'est la vedette que nous étudions.
- la taille des arcs est proportionnelle au nombre de chemins différents pour aller d'un sommet à l'autre : Plus le trait est épais, plus les 2 sommets sont liés c'est à dire qu'il existe plusieurs chemins reliant l'un à l'autre.

On voit bien qu'il y a beaucoup de connexions entre étonnant, bizarre original ... sur la droite du schéma et que les liens sont plus clairsemés sur une large partie gauche.

L'espace sémantique dans le tutoriel nous a permis de voir quatre sens principaux de CURIEUX :
- spectateur, badaud
- fureteur, fouineur
- original, bizarre ...
- soucieux, attentif ...

Que pourrait nous apporter Gargantext ?  Et comment cela s'articulerait avec les résultats de l'espace sémantique ?
Démonstration en image :




Vous avez pu remarquer que les différents ensembles calculés correspondent en grande partie à ce que nous donne l'espace sémantique :
- fureteur, fouineur (en bleu ciel)
- original, bizarre, étrange
(bleu foncé)
- soucieux, anxieux, attentif
restent avec le cluster CURIEUX de même que spectateur et badaud (marron)

On trouve un nouveau cluster : beau, amusant, drôle (en rose) et si nous continuons l'algorithme de spatialisation un cluster fort, merveilleux (en rouge) apparait.

Mylène Leitzelman de la société mnemotix.com a réalisé une documentation détaillée pour comprendre et utiliser GARGANTEXT. N'hésitez pas à vous en servir. Elle a également réalisé un article sur l'importation d'un fichier tableur au format .csv dans GARGANTEXT.

Et puis la documentation GARGANTEXT de l'ISCPF est disponible en ligne.

GARGANTEXT est une plateforme très intéressante pour nous permettre de visualiser rapidement et de façon dynamique la polysémie d'un mot ou d'un groupe de mots et ceci en complément de l'espace sémantique du CRISCO. Les outils mathématiques utilisés dans les 2 cas sont différents ( algorithme de Louvain et la spatialisation pour GARGANTEXT, les cliques et la réduction de dimension -AFC- pour l'espace sémantique du CRISCO) et la comparaison de l'un à la lumière de l'autre enrichit les informations que nous pouvons déduire du DES (qui comprend, rappelons-le plus de 50.000 entrées et 204.000 liaisons synonymiques).

Pour en savoir plus sur GARGANTEXT, David Chavalarias a présenté GARGANTEXT lors de la journée "la science ouverte" le 8 octobre 2019.

► FOCUS sur TRAVAIL
 

De juillet à septembre 2019, TRAVAIL a été recherché de 2800 à 4100 fois chaque mois. Il apparait de la 30ème à la 40ème place des mots les plus recherchés. Nous vous proposons avec Nicole Le Querler, professeure émérite du CRISCO, de décrypter ce mot au travers de son étymologie.

Dans le DES, parmi les 125 cliques de synonymes du mot travail on trouve accouchement, enfantement, gésine. On dit en effet d’une femme qui accouche qu’ « elle est en travail », et que dans cette situation « le travail a commencé ». De même, la salle d’accouchement est appelée salle de travail. Cette acception du mot travail est très ancienne en français et elle est liée à l’étymologie du mot : travail  en effet est un déverbal de travailler, verbe attesté en français dès 1060 et issu du bas-latin trepalium. Un trepalium était une machine composée de trois pieux, qui pouvait être utilisée comme instrument de torture. Le mot est formé de tre, trois, et palus, le pieu. C’est de palus qu’est issu le mot français pal, attesté depuis 1351, qui désigne un pieu acéré à une extrémité, utilisé au Moyen-Age comme instrument de torture. À partir de pal est formé le verbe empaler. En latin classique, trepalium n’existe pas, mais on trouve palus, le poteau, et trepalis, adjectif signifiant « qui a trois échalas ». L’échalas est un pieu, une perche, un piquet, un tuteur, utilisé pour maintenir droits des plants de culture ou des ceps de vigne.
L’étymologie de travail, dans laquelle la torture est omniprésente, explique la proximité sémantique entre travail et accouchement : les douleurs de l’enfantement sont comparables à une torture.
Dans la même sphère plutôt péjorative des effets de sens de travail, on trouve son emploi dans l’expression travaux forcés. Il est vrai que le premier sens de travail, le seul d’ailleurs jusqu’au XVIIe siècle, était « état de celui qui souffre, qui est tourmenté ». C’est le sens qui prévaut dans l’expression les douze travaux d’Hercule (ici travaux est employé au sens de « activités pénibles et périlleuses qui apportent de la gloire »). C’est aussi la valeur qui prévaut dans ses emplois au sens de labeur, besogne, et dans ce cas la composante « gloire » de l’effet de sens est effacée. L’expression basse besogne accentue encore le trait péjoratif, de même que dans l’expression basses œuvres. De la même façon, les synonymes corvée ou pensum appartiennent à cette sphère d’effets de sens péjoratifs.
C’est aussi à partir de trepalium que l’on comprend le sens technique de travail : le mot désigne une machine permettant d’immobiliser de grands animaux, chevaux ou bœufs difficiles, pour les ferrer ou les soigner. Victor Hugo en donne un exemple intéressant : « À propos de chevaux, il paraît qu’ils sont fort méchants en Flandre, ou les Flamands fort prudents, car on ne les ferre, dans tous les villages où j’ai passé, que dans un travail des plus solides, non en chêne, mais en granit. »  (Belgique, V).  Dans cet emploi, le pluriel est travails
D’autres emplois du mot travail ne sont pas péjoratifs, ils sont au contraire valorisants : quand on parle du travail d’un artiste, on parle de son œuvre, parfois de son chef-d’œuvre. Par ailleurs, dans ce cas, la valeur aspectuelle du mot est une valeur résultative.
D’autres emplois encore sont neutres (ni valorisants, ni péjoratifs) : ce sont les emplois au sens de métier, fonction, profession, situation par exemple. Alors la valeur aspectuelle de travail est une valeur d’activité.
Ainsi, à partir de l’étymologie et de l’évolution historique du mot travail, on comprend l’écart sémantique entre les effets de sens péjoratifs et les effets de sens valorisants, qui paraît étonnant au premier abord. L’emploi au sens de « activités pénibles et périlleuses qui apportent de la gloire » (les douze travaux d’Hercule) fait le lien entre ces deux sphères opposées. Et les emplois neutres (ni péjoratifs, ni valorisants) n’appartiennent à aucune des deux sphères, mais ils sont extrêmement fréquents.

Sources : Grand Robert de la langue française, Petit Larousse, Robert historique de la langue française, CNTRL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), Dictionnaire latin-français Gaffiot.


TRAVAIL possède 88 synonymes dans le DES. L'espace sémantique se présente ainsi :


On observe les trois grandes "directions" qui représentent les principaux sens de travail cités ci-dessus : en haut à droite avec gésine, accouchement, enfantement à gauche métier, profession, situation, fonction (sens le plus commun) et plutôt vers le centre, la notion de corvée, labeur et également d'oeuvre et chef d'oeuvre.

Plus un synonyme est situé à proximité de la vedette sur le graphique de l'espace sémantique plus il est courant et assez souvent utilisé. Les synonymes en périphérie sont plus spécifiques et/ou moins courants.

Une version dynamique en 3D nous apporte les mêmes informations que cette version 2D, ce qui n'est pas toujours le cas suivant les vedettes étudiées (voir à ce sujet le tutoriel sur CURIEUX pour lequel la 3ème dimension nous apporte des informations supplémentaires)

► L'énigme de SYNONYME dans les mots les plus recherchés résolue !

Comme nous l'avions remarqué lors de la lettre d'actualité précédente, la fréquence élevée de SYNONYME dans les mots les plus recherchés nous a interpellé.
En réalité, la page https://crisco.unicaen.fr/des/synonyme  s'affiche systématiquement lorsque l'on cherche le site du DES dans Google. Etant proposé en première position, de nombreux utilisateurs doivent très probablement cliquer sur ce lien pour accéder au site et par conséquent cela vient gonfler articifiellement les statistiques sur ce mot.
Merci à Nicolas, utilisateur attentif (qui se reconnaitra) pour ce retour.

 

► Les mots les plus recherchés en août et en septembre


 





 





Les premiers mots les plus recherchés sur ces deux mois (comme sur la plupart des autres mois de 2019) sont très souvent les mêmes : nous retrouvons en effet, de plus, permettre, proposer, important, ainsi, projet, utiliser, développer, découvrir, présenter, faire, comprendre, mettre en place, grâce à. Ce sont en effet des mots assez génériques et du domaine professionnel : remplacer des locutions adverbiales, éviter la redondance des mêmes verbes ... Ensuite, des particularités selon certains mois et certains jours apparaissent. Par exemple, nous remarquons en août objectif, réaliser, agréable, problème  et en septembre souhaiter, joie, participer, accompagner, pertinent. Ensuite, certains jours nous voyons apparaitre certains jours d'une part en août exigence, différent, découvrir et d'autre part en septembre  dynamique, pertinent et responsable. Toutes ces recherches reflètent bien vos différents travaux : rapports, articles de blog, écriture de roman, scénarios et nous inspirent dans le choix des mots à appronfondir au fil des lettres d'actualité.


Bienvenue aux nouveaux membres de cette liste : vous êtes plus de 60 à nous avoir rejoint depuis novembre 2018. Actuellement la liste comprend à ce jour 3300 membres.


   
À très bientôt !


Télécharger la page

Dernière modification : 13 novembre 2019



Université de Caen Normandie
Laboratoire CRISCO
Esplanade de la Paix | CS 14032 | 14032 Caen cedex 5